Monday, July 27, 2009

Oohla L A ! Trois jours de musique française à Los Angeles en septembre

Je suis un enfant du rock. J'ai grandi en regardant Sex machine, présenté tous les mois par Philippe Manoeuvre et Jean-Pierre Dionnet et Chorus, présenté par Antoine de Caunes. J'ai écouté mes premiers disques de new wave quand j'avais 10 ans. Je suis allé à mon premier concert de rock quand j'avais 12 ans, en 1983 : c'était Trust et j'en ai encore des frissons dans le dos. J'ai écrit mes premiers articles sur le rap quand j'en avais 15, en 1986, dans le fanzine du lycée. C'était le premier concert parisien des Beastie Boys, et le rap avait encore une longue route à faire avant d'être le phénomène qu'il est aujourd'hui en France. J'ai constitué mon groupe de rock quand j'avais 16 ans, les voisins s'en souviennent, et le mieux est que je n'en parle pas. Tous mes amis ont continué à travailler dans la musique, que ce soit dans des maisons de disques, ou en tant que journalistes musicaux, musiciens ou producteurs.

Alors en préparant mon arrivée en Californie, j'avais eu l'idée d'organiser un festival de musique française à Los Angeles, dans la Mecque de l'industrie musicale, dans la ville de Jim Morrison et de Michael Jackson. J'ai toujours trouvé que c'était à tort que les artistes français étaient si méconnus aux Etats-Unis, la patrie du rock et de la soul. Même si je révère les Doors, le Velvet Underground, Jimi Hendrix, Prince et James Brown, j'ai toujours adoré le rock français. Alors quand il y a quelques mois de cela, peu après mon arrivée à Los Angeles, mon ami Sylvain Taillet, directeur artistique du prestigieux label Barclay (Alain Bashung, Rachid Taha, Femi Kuti et tant d'autres) m'a appelé pour me proposer de monter avec lui un tel festival, je me suis dit qu'il y avait des chances qu'il ne fallait pas laisser passer. Car Sylvain est un grand de l'industrie musical et un vrai passionné, respecté de tous. Sous sa houlette, Barclay a "signé" des artistes comme Renan Luce, Emilie Simon, Tiken Jah Fakoly. Il était l'un des rares à pouvoir convaincre, sur son seul nom, artistes, promoteurs de concert et maisons de disques de s'engager dans un projet aussi ambitieux.

Quelques mois après, nous sommes en passe de réussir notre pari. Le Festival OohlaLA arrive à Los Angeles en septembre et apporte avec lui un enivrant parfum de France. La première édition de ce showcase de trois jours aura pour cadre la scène du mythique Henry Fonda Theater, sur Hollywood Boulevard, du 23 au 25 septembre. Durant trois nuits, le festival jettera un pont entre nos deux continents en mettant en scène le meilleur de la musique française contemporaine, de la puissance de l’électro intransigeant à la subtilité de mélodies plus traditionnelles. Les 23 et 24 septembre seront entièrement dédiés aux nouveaux talents de la scène pop/rock indépendante et folk : Sébastien Tellier dont le dernier opus dance-pop, au titre provocateur, Sexuality, est produit par Guy-Manuel de Homem-Christo des Daft Punk ; Gonzales, aficionado du piano, virtuose aux multiples facettes qui est tout à la fois un crooner envoûtant, un chanteur de hip-hop et l’homme nominé aux Grammy Awards pour l’arrangement et la production de la musique de Feist ; et Cocoon, duo féminin/masculin des montagnes d’Auvergne dont la musique se fait l’écho des grands du folk américain comme Elliott Smith.

La deuxième nuit se déroulera sous le signe des reprises radicalement lounge de Nouvelle Vague. Le collectif emmené par le producteur Marc Collin présentera « Hollywood Mon Amour », un hommage aux bandes originales de films des années 80. Le groupe apportera sa touche à des morceaux classiques comme « Eye of the Tiger », « Flashdance …What A Feeling », et le thème de James Bond, « A view to a kill ». The Dø, ce duo au large panorama culturel, composé d’une jeune Finlandaise et d’un jeune Français, qui fit la sensation en France en 2008, donnera le coup d’envoi de la soirée en compagnie d’Emilie Simon, désormais installée à New York, lauréate de nombreux prix musicaux français et à qui l’on doit notamment la bande originale de « La marche de l’Empereur ». Le festival s’achèvera le vendredi 25 septembre par un impressionnant rassemblement international qui régnera sur la scène de l’Electro French Party. Cette célébration de la French Touch donnera un avant-goût ce que l’électro française, toujours plus populaire, a de meilleur à offrir dans la mouvance de Daft Punk ou Justice. La soirée présentera aussi la « Champagne Connexion » de Yuksek avec Brodinski et The Shoes, dont la ville, Reims, est en passe de devenir la nouvelle capitale électro en France. Brodinski nous donnera à entendre ses basses techno-house, tandis que The Shoes, connu de par le monde pour leurs reprises (Late of the Pier, Santigold, Ladyhawke) mixera en live un rock électro. Le duo Parisien Jamaica (Poney Poney), produit par Xavier de Rosnay de Justice, offrira quant à lui un électro enthousiaste, teinté de power-pop et mâtiné du son des guitares des années 80.

La meilleure preuve que ce projet enthousiasme nos amis américains ? Goldenvoice, le plus grand tourneur de la côte Ouest, créateur du célèbre festival de Coachella, est producteur exécutif du festival . Et KCRW (89.9 FM et KCRW.com), la radio que tous les Californiens adorent, qui lance les tendances musicales, sera le presenting partner du festival tandis que TV5 Monde-USA et le très influent hebdomadaire culturel Les Inrockuptibles seront aussi très fortement impliqués.

So let's rock !!!


Monday, July 20, 2009

Les plages d'Agnès Varda

Il y a quelques jours, j'ai eu la grande chance d'accueillir à la maison une femme extraordinaire: Agnès Varda.

Cette cinéaste légendaire est revenue, une fois de plus, à Los Angeles pour présenter son dernier film, Les Plages d’Agnès, César du meilleur documentaire 2009.

Egérie de la Nouvelle Vague française, Agnès Varda a toujours oscillé dans son travail entre fiction et documentaire, parfois les deux en même temps. Elle est une cinéaste-plasticienne qui tient sa caméra d’une main et écrit de l’autre. Sa carrière évoluera en même temps que la technologie, adoptant la vidéo pour plus de liberté et d’intimité (Les glaneuses et moi), jusqu’à cette dernière création, Les plages d’Agnès. Dans ce film, elle retrace son parcours si atypique, et tente de reconstruire sa mémoire fragmentée, donnant naissance à une œuvre puzzle, truffée de digressions, de rêveries, de souvenirs diffus mais toujours intenses. On découvre entre autre qu'après avoir été la photographe attitrée de Jean Vilar, fondateur du festival d'Avignon, Agnès Varda a commencé sa carrière cinématographique dès 1954 avec La pointe-courte, qui réunissait Philippe Noiret et Sylvia Montfort, avec Alain Resnais au montage. Et les images des acteurs dans les rues sombres de Sete sont exceptionnelles, de même que les images de Calder et Brassaï à Paris, tous deux amis de l'auteur.

The Beaches of Agnès
est sortie le 3 juillet 2009 à Los Angeles. La prestigieuse American Cinematheque a d’ailleurs organisé une rétrospective de son œuvre et a projeté le nouveau film en avant première. Nul étonnement à voir Los Angeles faire un accueil chaleureux à l'auteur de Cléo de 5 à 7, tant son histoire est liée à celle de la ville des anges. Elle y vient pour la première fois en 1968, pour y rejoindre son amour éternel, Jacques Demy. Elle y habite pendant deux ans, le temps de tourner Lions Love, film hippie-hollywoodien, de faire faire son premier bout d'essai à Harrison Ford et de se nouer d’amitié avec Viva, l'égerie d'Andy Warhol et Jim Morisson. Elle y retournera de 1979 à 1981, pour y tourner deux documentaires, Murs Murs et Documenteur.

Je dois dire qu'il était particulièrement émouvant, pour les angelinos présents, comme pour moi, de voir certaines images exceptionnelles, comme celles de Jim Morrison et de son meilleur ami, le photographe Alain Ronay, qui nous a fait le plaisir de sa présence, en virée à Chambord pour assister au tournage du Peau d'âne de Jacques Demy, avec Catherine Deneuve. Agnès Varda, comme trait d'union entre deux univers si profondément différents : rien d'étonnant à cela, finalement.


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The Beaches of Agnès Varda

I had the pleasure of welcoming an extraordinary woman at my house a few days ago : Agnès Varda.

This legendary filmmaker came back once again to Los Angeles to present her latest film, The Beaches of Agnès, awarded a César for Best Documentary in 2009.

Muse of the French Nouvelle Vague, Agnès Varda’s work has always wavered between fiction and documentary, sometimes using both at the same time. She is a cinéaste-plasticienne who holds a camera with one hand and writes with the other. Her career evolved at the same time as technology, adopting video for more freedom and intimacy (Les glaneuses et moi) until her latest creation, The Beaches of Agnès. In this movie she retraces her atypical journey and tries to reconstruct her fragmented memory, giving birth to a puzzled piece of art, full of digressions, day-dreaming, diffused memories but all always intense. We discover among other things, that after being Jean Vilar’s photographer (founder of the Avignon Festival), Agnès Varda started her film career as early as 1954 with La pointe-courte, who brought together actors Philippe Noiret and Sylvia Montfort, as well as Alain Resnais as the Editor. The actors’ images in Sete’s dark streets are exceptional, along with the images of Calder and Brassaï in Paris, both friends of the author.

The Beaches of Agnès came out last July 3 in Los Angeles. The prestigious American Cinemateque organized a retrospective along with a premiere of her new movie for the occasion. It is not surprising to see Los Angeles warmly welcome the author of Cléo de 5 à 7, as her story is linked to the City of Angels’. She came here for the first time in 1968 to meet her eternal love, Jacques Demy. She lived here for two years, time for her to shoot Lions Love, a Hollywood-hippie movie, to cast a young Harrison Ford and befriend Viva, Andy Warhol and Jim Morrison’s muse. She will come back in 1979 and 1981 to shoot two documentaries : MursMurs and Documenteur.


I must say that it was especially moving for all Angelenos present that day, as well as me, to see some exceptional images, such as the ones of Jim Morrison and his best friend Alain Roney, who honored us with his presence that day, travel to Chambord to attend Jacques Demy’s shoot of Peau d’âne, with Catherine Deneuve. Agnès Varda as the unifying link between two profoundly different universes: not so surprising, after all.


Tuesday, July 7, 2009

Independance Day au Hollywood Post de l'American Legion


Ce samedi 4 juillet, j'ai eu le privilège d'être l'invité d'honneur des cérémonies au Hollywood Post 43 de l'American Legion. Comme chacun sait, ce jour commémore la déclaration d'indépendance des Treize colonies américaines de la côte Est, en 1776. J'ai été très touché de cet honneur particulier rendu à la France, tant l'histoire de nos deux nations est intimement liée. En vérité, c'est dès cet instant que la France est devenue l'alliée et l'amie de l'Amérique.

C'est dès 1777, soit quelques mois après la déclaration d'Indépendance, que la France décide d'apporter son aide aux rebelles américains. Les premiers de ces Français furent bien sûr Lafayette et ses 5000 volontaires. Et lors de la grande bataille finale de la guerre révolutionnaire américaine, en 1781, ce fut encore lui, ce jeune général de 24 ans, qui dirigea l'assaut sur la ville de Yorktown et sur le quartier général de l'armée anglaise. Sur le champ de bataille ce jour-là, il y avait plus de soldats français (11 000) que de soldats américains (8000)., sans compter la flotte de l'amiral de Grasse. Et lorsque Cornwallis, le général en chef du corps expéditionnaire anglais se résolut à reconnaître sa défaite, il envoya son adjoint, le général O'Hara, auprès du Comte de Rochambeau, le chef d'état-major de l'armée française. Mais celui-ci refusa qu'il lui rende les armes, et le dirigea vers le général américain, George Washington, comme une manière de marquer pour le concert des Nations à la fois la victoire et la naissance de l'Amérique.

Dans les années qui suivirent Yorktown, nos deux nations changèrent le cours de l'histoire. L'Amérique fonda un ordre démocratique nouveau sur une page blanche, avec une constitution novatrice (1787), et la France bouscula l'ordre monarchique de l'Ancien régime deux ans plus tard, concrétisant ainsi les promesses des Lumières. Ces Lumières furent un trésor partagé entre les élites françaises et américaines. Benjamin Franklin et Thomas Jefferson furent tous les deux ambassadeurs à Paris avant d'être élus président des Etats-Unis.

De fait, il se trouve que l'Amérique a fait la guerre à toutes les Nations au monde au cours de son histoire, sauf à la France. Et la France, elle aussi, a combattu tous les autres Etats sauf un, l'Amérique.

Notre fraternité d'armes n'a jamais été démentie. 15 000 soldats français combattirent lors de la guerre d'indépendance américaine aux côtés des patriotes américains. Et du corps expéditionnaire commandé par le général Pershing qui combattit en France à partir de 1917 aux plages du D-Day, nous les Français savons que nous devons la survie de notre nation à l'intervention de l'armée américaine par deux fois au cours du dernier siècle.

Le 4 juillet 1917, deux mois après l'entrée des Etats-Unis dans la guerre, les premiers soldats américains arrivés à Paris organisèrent une cérémonie sur la tombe de Lafayette. Elle se termina par les célèbres mots du Capitaine Charles Stanton : "Lafayette nous voila". Et c'est à Paris que l'American Legion, la grande organisation des vétérans américains, fut créée en 1919, à l'issue du premier conflit mondial. Et je suis fier que le premier poste de l'American Legion soit celui de Paris : "Paris Post One".

Ce 4 juillet 2009, j'ai appris que le maréchal Foch, le généralissime des armées alliées à la fin de la Première guerre mondiale, l'artisan de la victoire, était venu jusqu'ici, à Hollywood, au Post 43 : après la guerre, l'American Legion l'avait invité à faire une tournée aux Etats-Unis, tournée qui l'amena jusqu'à Los Angeles. Son nom domine la façade et sa photo orne les murs de cette ancienne salle de boxe où vinrent après lui les plus grandes vedettes du cinéma Marylin Monroe en tête. Un signe de plus de la force de notre fraternité d'armes, de la guerre de Corée jusqu'à l'Afghanistan, où tous les jours nos soldats combattent aux côtés des GI's. We will always be brothers in arms.

Thursday, July 2, 2009

Bruxelles valide le crédit d'impôt international


J'avais posté il y a quelques semaines une note sur le crédit d'impôt international sur les tournages étrangers en France. Ce dispositif a pour objectif d'inciter les réalisateurs et producteurs étrangers à venir tourner sur notre territoire des oeuvres cinématographiques ou audiovisuelles liées à la culture française et européenne, en leur accordant le bénéfice d'un avantage fiscal pour leurs dépenses de production en France. Et bien, ce mécanisme fiscal voté en décembre dernier a passé une étape décisive, puisque la Commission a validé le projet et notamment le barème culturel qui dfinira les conditions selon lesquelles les films et téléfilms étrangers y auront accès.

Nous devrions voir dans quelques mois les premières retombées sur l'emploi et l'activité du secteur audiovisuel français. Plusieurs productions ont déjà tourné en France depuis le 1er janvier, et attendaient la confirmation du barème pour déposer un dossier, tels "Merlin" produit par Shine Limited/BBC, filmé en Picardie, ou Five Killers, de Robert Luketic, tourné à Nice et produit par Scott Aversano pour le plus important des studios indépendants, Lionsgate.

Les candidatures pour le Crédit d'Impôt International seront administrées par le CNC, assisté dans cette tâche par Film France, la Commission Nationale du Film, en charge notamment de la promotion du territoire national auprès des producteurs de cinéma et de télé.

Wednesday, July 1, 2009

Yann Arthus-Bertrand et "HOME" à Los Angeles


Lundi 29 juin, Yann Arthus-Bertrand était mon invité à Los Angeles pour présenter son film-événement "Home", que déjà 200 millions de spectateurs ont vu. Ce fut l'occasion pour lui de rencontrer des grandes figures et des organisation influentes "green" américaines : la prestigieuse et exclusive TED (pour "Technology, Entertainment, Design"), mais aussi "Opportunity Green", ong spécialisée dans la promotion de l'innovation technologique dans l'industrie, ainsi que des représentants de Caltech, peut-être la meilleure université technologique du monde (23 Prix Nobel) et de UCLA, la grande université de Los Angeles, particulièrement en pointe pour les enseignements de développement durable. A leurs côtés, des hommes et des femmes depuis longtemps engagés dans la lutte pour protéger notre environnement : mon ami Pierre-André Senizergues, ancien champion du monde de skateboard, président-fondateur de Sole Technology et co-producteur du film de Leonardo Di Caprio "La 11ème Heure" ou encore Cos Lazouras, producteur du dernier "Terminator", qui se lance désormais dans un projet sur la protection de l'environnement. A noter que plusieurs réalisateurs, acteurs et actrices, comme Sharon Stone, Rosanna Arquette, Darryl Hannah, Pitof, Julie Delpy, Agnès Varda, Aurélien Wiik, Olivier Martinez et Qorianka Kilcher (primée comme meilleure jeune actrice "green" à Hollywood), ont montré, par leur présence, la sincérité de leur engagement.

J'ai d'ailleurs retrouvé ces acteurs de l'environnement dès le lendemain, lors d'un congrès à Santa Monica consacré aux Green Tech. Signe que ce sujet est maintenant au coeur de la vie des affaires et des débats politiques californiens, étaient présents à cette table-ronde d'importants investisseurs et industriels (le fabriquant de voitures électriques Tesla, par exemple) et des politiques de l'Etat : Bill Lockyer, le trésorier de l'Etat, John Chiang, le contrôleur de l'Etat, et surtout Jerry Brown, Attorney General de Californie, ancien gouverneur (1974-1982) et déjà en campagne électorale pour succéder à Arnold Schwarzenegger.

Le soir, l'Egyptian Theater, la mythique salle de l'American Cinematheque, ouverte en 1922 sur Hollywood Boulevard par Grauman, était comble pour le projection du film Home. Après le générique, de nombreuses personnes ont proposé de prendre en charge le suivi de la promotion de "Home" à petite comme à grande échelle selon les cas, notamment auprès de certaines écoles et universités américaines. Comme le dit Yann, "J'ai fait mon boulot, à vous de faire le vôtre".

Il est temps de le faire, en effet, notre boulot. "Destiny is not fate". Nous devons prendre notre destin en mains. Nous sommes responsables, car nous savons, maintenant, avec certitude, le risque que nous faisons porter, par notre activité et par nos excès, sur notre planète et sur notre avenir. Nous sommes la dernière génération qui a encore la possibilité de prendre des mesures radicales pour éviter une dégradation irréversible de notre environnement, notre "maison", sous l'effet du changement climatique. La conférence des Nations Unies sur le climat qui se tiendra en décembre 2009 à Copenhague sera de ce point de vue cruciale. Les 17 plus grandes économies du monde produisent à elles seules 80% des gaz à effet de serre. Et si le G8 a finalement décidé de réduire de 50% les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050, cet objectif n 'est pas encore partagé par tous. Il est vital que la réunion au cours de laquelle ces 17 plus importantes économies se retrouveront en Italie dans quelques semaines débouche sur un consensus, pour que Copenhague permette d'aboutir à un accord global, notamment avec les grandes économies émergentes et particulièrement polluantes que sont la Chine, le Brésil et l'Inde. Et le monde a besoin que les Etats-Unis prennent le leadership du combat pour la préservation de notre environnement. De ce point de vue, nous avons été heureux d'apprendre que la chambre des représentants avait adopté vendredi 26 juin l'American Clean Energy and Security Act. Sans doute les objectifs que cette loi fixe ne sont pas aussi ambitieux que nous l'aurions souhaité. L'année de référence pour le calcul de l'effort de réduction des gaz à effet de serre est l'année 2005, ce qui revient à dire que ne seront pas prises en compte les dégradation les plus récentes portées à l'environnement, et que donc l'effort à produire sera limité. Mais c'est un résultat important. L'Amérique est désormais à nos côtés dans ce combat global. Et c'est d'ailleurs notre devoir d'aider le président Obama à surmonter les réticences que cette orientation nouvelle des Etats-Unis ne manque pas de susciter. Comme le disait un jour le président Roosevelt à un groupe de pression : "I agree with you, I want to do it, now make me do it". Alors n'attendons plus de nouveaux désastres, combattons les causes et préparons-nous aux conséquences.