Friday, June 26, 2009

Le roi de la pop est mort, vive le roi !

Los Angeles a fait la fête la semaine dernière avec les Lakers, elle pleure aujourd'hui une idole.

La disparition à 50 ans de Michael Jackson est un événement planétaire, si l'on en juge par la couverture médiatique à laquelle elle a donné lieu. Elle est aussi un moment de grande tristesse pour les Angelinos, tant le show man aux multiples talents était au coeur de la culture populaire de la "Big Orange".

Les rassemblements populaires spontanés sont rares à Los Angeles. Le dernier en date a eu lieu pour l'élection de Barack Obama. Et pourtant, hier, à l'annonce de la mort de Michael Jackson, des centaines de personnes sont accourues autour de l'hôpital Ronald Reagan de UCLA, très près de la maison que le chanteur-danseur-producteur louait à Bel-Air, juste sur Sunset Boulevard. Et ce matin, ils étaient nombreux à venir autour de l'étoile gravée de la star sur le trottoir d'Hollywood Boulevard, dans le "walk of fame", la "chaussée de la gloire", à un emplacement de choix : juste en face du Chinese Theater et du Kodak Theater, là où se déroule chaque année la cérémonie des Oscars.

Los Angeles, la capitale mondiale de l'entertainment, était "sa" ville. Certes, il était né à Gary, ville industrielle du Nord-Ouest de l'Indiana, dans la grande banlieue de Chicago, où je suis allé, et qui est toujours une ville peuplée à 90% d' "Africains Américains". Mais il n'était âgé que de 10 ans seulement lorsque en 1968 la famille Jackson s'installa à Los Angeles : Berry Gordy, le patron de Motown, avait été alerté par Gladys Knight et Diana Ross sur le talent de la fratrie Jackson et en particulier du petit dernier, notamment après un concert au mythique Apollo Theater de Harlem. Il leur avait fait signer sans attendre un contrat qui devait prolonger sa fortune. Et Michael n'avait que 11 ans lorsque le premier single du groupe, "I want you back", atteignit directement la place de numéro 1 dans les classements de ventes de disques.

Pas étonnant donc que le point de départ de l'incroyable saga de la famille Jackson soit aussi le point d'arrivée pour le plus brillant d'entre eux. Après avoir vécu près de Santa Barbara (Neverland), puis à Las Vegas et Dubai, le roi de la pop était revenu habiter ici, il y a six mois, pour préparer son grand retour sur scène après 12 ans d'absence. En grand professionnel, il s'entraînait tous les jours dans un immense studio de Burbank, et avait récemment fait une répétition générale au Staples Center, l'immense stade des Lakers.

D'ailleurs, Los Angeles était à ce point la ville de Michael Jackson qu'au LACMA, le grand musée d'art contemporain de la ville, les visiteurs sont accueillis par une sculpture en céramique dorée de Jeff Koons qui le représente avec Bubbles, son singe apprivoisé.

Pour finir, un petit conseil : si vous voulez voir un grand moment de l'histoire de la musique, allez sur YouTube et retrouvez la video pirate de cet incroyable concert où James Brown fit monter sur scène d'abord Michael Jackson, venu en spectateur, puis, à sa demande, Prince, lui aussi spectateur presque anonyme. Au plus fort de la rivalité présumée entre eux, vous pourrez assister à une triple démonstration de danse et de chant. Un moment rare.


Thursday, June 18, 2009

Quand Los Angeles parade…


Mercredi, à Downtown Los Angeles, l’heure était à la célébration. Il était temps pour toute une ville d’accueillir ses guerriers victorieux. Du haut d’un bus anglais à deux étages, les Kobe Bryant, Derek Fisher et autres Pau Gasol saluent bras levés sous le soleil californien. A leurs pieds, c’est une véritable marée humaine jaune et violette aux couleurs des Lakers qui s’est répandue dans les rues pour apercevoir ses héros. 250 000 personnes qui trépignent et hurlent leur joie le long du parcours entre le Staples Center et le Coliseum, le grande stade des J.O de 1984. Un dixième titre NBA, ça se fête, surtout lorsque l’on est une plus grandes équipes au monde et que l’on attend depuis 7 ans.

La foule retient son souffle, Kobe Bryant, le meilleur joueur du monde actuellement prend le micro. Sera-t-il encore à Los Angeles l’année prochaine ou partira-t-il sous d’autres cieux ? « Where am I going to go ? » déclare-t-il, « This is my home ! ». On respire mieux, Kobe est chez lui et Los Angeles est fière d’avoir un joueur comme lui. Une onde de soulagement et de bonheur se propage.

Toutes ces scènes me rappellent la foule bariolée de 1998 sur les Champs et la France championne du monde de foot. Le bleu a laissé place au jaune, mais c’est la même passion et le même engouement, une preuve de plus que le sport peut engendrer de grandes émotions et célébrer l’effort, la persévérance et le talent.
Pour revivre la journée en images, je vous conseille tout particulièrement un diaporama du Los Angeles Times sur cette grande parade.



Tuesday, June 16, 2009

@FranceinLA : Suivez le Consulat général de France sur Twitter

Comme certains d’entre vous le savent déjà, le Consulat général de France à Los Angeles est désormais sur Twitter à l’adresse @FranceinLA. Le nouveau site de microblogage ouvert à tous, particuliers et professionnels, révolutionne aujourd’hui la communication et les échanges dans le monde entier. Qu’on l’utilise pour s’informer, donner son opinion ou faire des contacts, Twitter permet à tous de communiquer en temps réel avec une vitesse inédite. Depuis sa création, son influence n’a cessé de grandir à tel point que les plus grands médias (journaux, tv, radio), les marques ou les artistes ont massivement investi ce nouveau média.

C’est aussi le cas des administrations américaines qui possèdent plusieurs comptes, et plus généralement du monde de la politique et de la diplomatie. Le 16 juin, l’Agence France-Presse annonçait même que Washington avait demandé à Twitter de reporter une opération de maintenance du système de manière à permettre aux opposants iraniens de continuer à l’utiliser dans la période troublée que traverse leur pays. Un véritable signe de l’influence mondial de ce nouveau média.

Il était donc indispensable pour nous, au Consulat général de France à Los Angeles, de se doter de cet outil pour continuer notre aventure dans le Web 2.0. Ajouté à notre site internet et à nos comptes Youtube et Dailymotion, Twitter nous permet d’être toujours plus réactif avec le public et de mieux l’informer. Informer les Français, bien entendu, mais aussi tous les francophiles sur ce qui se passe dans les Etats de l'Ouest américain. Concerts, expositions, conférences scientifiques, rencontres, cinéma, informations pratiques, les sujets abordés sont nombreux et divers. Nous espérons ainsi faire connaître en temps réel notre activité et être à votre disposition pour répondre à vos questions sur ce nouveau média.

C'est un nouveau réseau d'information et d'influence qui est en train de naître, que la diplomatie française s'approprie. Alors rejoignez-nous sur Twitter comme plus de 400 l'ont déjà fait en un mois.

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@FranceinLA : Follow the Consulate General of France on Twitter !

As you may already know, the Consulate General of France is now present on Twitter under the subscriber name @FranceinLA. This new networking and micro-blogging service is open to all, private individuals as well as professionals, and revolutionizes the way we communicate and interact worldwide. Whether we use it to get information, give our opinion or make contacts, Twitter allows us all to communicate in real-time and very quickly. Since its creation, its influence is growing larger and larger to the point where the most prominent news organizations (print, TV, radio), brands or artists are all heavily invested in this new media.

It is also the case of several American administrations who manage several accounts, as well as the diplomatic and political worlds in general. On June 16, Agence France-Presse reported that the U.S. State Department had contacted the social networking service twitter to urge it to delay a planned upgrade that would have cut daytime service to Iranians who are disputing their election. A true sign of the worldwide influence of this new media.

It seemed mandatory for us at the Consulate General of France in Los Angeles to use this tool in order to pursue our on-going adventure on Web 2.0. On top of our website and our Youtube and Dailymotion accounts, Twitter allows us to be evermore reactive with the public and better inform them. Inform the French, of course, but also all Francophiles to what is happening in the South-western states. Concerts, art openings, scientific conferences, meetings, cinema, practical information, we tackle various diverse subjects. It is our hope that this new media enables us to communicate in real-time about our activities and be at your service to answer all your questions

A new social and influential network is being born and French diplomacy is embracing it. So follow us on Twitter as 400 members have already done so in a month!



Monday, June 15, 2009

Bravo aux Lakers !

Félicitations aux Lakers, qui ont remporté la nuit dernière leur quinzième titre national de basket ! Les Lakers sont donc officiellement la meilleure équipe de l'année. Leur victoire (4 matches gagnés contre 1) sur les Orlando Magic est incontestable.

Leur palmarès montre bien que les Lakers sont une des toutes meilleures équipes américaines, c'est-à-dire une des toutes meilleures équipes au monde. L'histoire des Lakers est remarquable : 15 titres pour cette franchise, dont 10 titres pour Los Angeles (les Lakers étaient au départ l'équipe de Minneapolis). Celui-ci est leur quatrième en 10 ans. On connait leur ancienne rivalité avec les Boston Celtics (8 finales perdues par les Lakers, entre 1962 et 2008), et on se souvient de la domination des Chicago Bulls de Michael Jordan (1990-1999). Mais ici, à Los Angeles, depuis le début des play-offs, les Angelinos étaient certains que leur équipe allait gagner cette année. Dans cette ville où on a adoré Magic Johnson et Shaquille O'Neal, on est désormais pris de passion pour Kobe Bryant, le meilleur joueur du monde actuellement (qui remporte son quatrième titre), l'espagnol Pau Gasol, Derek Fisher et Trevor Ariza. Quant à Phil Jackson, le coach des Lakers, qui en est maintenant à 10 titres nationaux, il est désormais considéré comme une légende.

Disons-le : avant de venir à Los Angeles, je ne connaissais rien au basket. Le football était mon entière et exclusive passion. Mais je dois dire que j'ai découvert ici un formidable spectacle. J'invite chacun, de passage aux Etats-Unis, à passer une soirée dans un de ces magnifiques stades, pour y voir le meilleur du sport américain. Là aussi, le sport professionnel français aurait beaucoup à apprendre, en termes d'accueil des spectateurs, de services, d'organisation et d'ambiance.

Et puis ce qui est bien aux Etats-Unis, c'est qu'il n'y a pas d'intersaison pour les spectateurs et les supporteurs : après la finale du Super Bowl, les play-offs de basket, voici maintenant le temps du base-ball. Et là encore, avec les Dodgers et les Angels, Los Angeles peut compter sur deux belles équipes.


Monday, June 8, 2009

Los Angeles et les photographes


Certains le savent déjà : Los Angeles s’affirme aujourd’hui comme une capitale mondiale de la création, qui n’a plus rien à envier à sa «sœur» new-yorkaise. Ce que j’ai récemment constaté au fil des expositions qui s'y tiennent, c’est l’émergence d’une nouvelle tendance dans un domaine particulier -mais fondamental dans la ville des images- la photographie. Entre mode, reportage, portraits et architecture, un certain type de photographie typiquement californienne est en train de s’affirmer, inspirée par les avant-gardes des années soixante et l’hyperréalisme plus récent. La révolution digitale, surtout, est passée par-là dans l'Etat le plus novateur du pays en matière de nouvelles technologies. Cette effervescence de la photographie l’illustre bien et la France et ses artistes y contribue.

La ville regorge d’expositions, rétrospectives et conférences sur la question. Mon ami Louis Stern- l’un des meilleurs galeristes de la ville - presentait ainsi début avril, dans sa galerie de Melrose huit «jeunes talents» du sixième art, des étudiants issus des meilleures écoles d’art de la ville. Le principe du projet «Jeunes Talents», que nous avons initié, est simple : prenez de talentueux photographes en herbe et placez-les dans une ville française, avec ses traditions et sa culture. Faites intervenir des acteurs clés de la photographie à Los Angeles, proposez le tout à une grande galerie… Le résultat est l’une des expositions les plus audacieuses et originales, avec un regard neuf sur la France d'aujourd'hui.

J’ai eu aussi le plaisir de constater la présence de nombreux photographes français, qu’ils habitent la région ou non, qu’ils soient déjà reconnus ou en passe de l’être. J’ai été, tout d’abord, heureux de voir l’exposition à la galerie Fahey/Klein d’une des références mondiales de la photographie de mode et de musique : Jean-Marie Perier. De la bande de «Salut les copains» aux acteurs d’Hollywood, de Sylvie Vartan, Johnny, Michel Polnareff, tous angelinos, à Sean Penn, Perier a su créer «un monde». Ses clichés capturent la magie des époques qui se succèdent à travers ses figures mythiques, des Sixties à nos jours, pour les rendre éternelles. J'ai adoré ses photos de mes idoles : James Brown, les Stones, les Beatles, James Ellroy, ... Jean-Marie a un enthousiasme qui ne se dément apparemment jamais. C'est sans doute pour cela que ses victimes consentantes l'aiment autant.

Dans un tout autre registre, je recommande le travail d'Olivier Pojzman, dont les panoramiques californiens, imprimés sur toile, évoquent les grands maîtres américains- David Hockney et Edward Hopper. On y voit aussi l’influence de l’hyperréalisme. Il y eut aussi la nuit «Slide Show» au Annenberg Space for Photography, le nouveau haut lieu de la photographie dans la ville inauguré pour l’occasion. Les travaux de 30 photographes de la cité des anges, dont les deux Français Mathieu Grandjean et Marc Lécureuil, reporters mais aussi esthètes ont également été présentés. Mon ami Benjamin Trigano, enfin, a proposé dans sa M+B Gallery la première exposition américaine du français Erwan Frotin. Intitulée «Strangers», celle ci a pour ambition de «capturer l’esprit des fleurs de la Villa de Noailles à Hyères ».

Mais après tout, dans la ville de Dennis Hopper, génial photographe, dans une ville qui jouit d'une aussi belle lumière, cette effervescence autour de la photographie ne devrait pas nous surprendre...


Photos:
Spencer Lowell, A
éroport Saint-Exupéry de Lyon / Projet Jeunes Talents
Vernissage de l'exposition Jean-Marie Perier: First Person Access at the Fahey/Klein Gallery in West Hollywood on April 23th, 2009
Olivier Pojzman, Venice Beach, CA

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As some of you may already know, Los Angeles is today's creation’s capital of the world, and should not be envious of its New York “sister”. I have noticed, among the recent openings that are taking place here, a new emerging trend in a specific field – but fundamental in the city of images – photography. Between fashion, documentaries, portraits and architecture, a new kind of typically Californian photography is growing stronger, inspired by the avant garde movement of the sixties and more recently hyperrealism. Mostly, the digital revolution in the field of new technologies had a significant influence on the most innovative state of the nation. The city has an abundance of openings, retrospectives and conferences on the subject. My Friend Louis Stern – one of the city’s best gallery owner- set the tone. At the beginning of April, his Melrose gallery exhibited the works of eight “Jeunes Talents”, eight students from Los Angeles’ most prominent art schools. The concept behind “Jeunes Talents”, a program that we initiated, is simple: take young talented photographers and introduce them to a French city with its own traditions and culture. Enroll key Los Angeles photography actors in the process and offer the whole package to a great art gallery…The result is one of the most audacious and unique exhibition to date, with a fresh look on today’s France.

I was delighted to note that several French photographers, already established or soon to be, whether they live in the area or not, are exhibited here. First, I was delighted to see the Fahey/Klein gallery exhibit one of the world’s most significant photographer of fashion and music: Jean-Marie Perier. From the members of “Salut les copains” to Hollywood actors, from Sylvie Vartan, Johnny, Michel Polnareff, all Angelinos, to Sean Penn, Perier was able to create a “world”.
His shots captured the magic of those times that came through its mystic figures, from the sixties to today, to make them eternal. I loved his photos of my idols: James Brown, the Stones, the Beatles, James Ellroy, … Jean-Marie has an everlasting enthusiasm. That is probably why his consenting victims like him so much.

On the other hand, I recommend the work of Olivier Pojzman, whom Californian panoramics, all printed on canvas, remind us of the great American masters – David Hockney and Edward Hopper. One also notices the influence of hyperrealism. Olivier was exhibiting until April 30 in the heart of downtown, along with five other French artists. Also to be mentioned was the inaugural exhibit and “Slide Show” night at the Annenberg Space for Photography, Los Angeles new reference for photography. The works of 30 photographers from the city of angels, among them the French Mathieu Grandjean and Marc Lécureuil, reporters but also esthetes were exhibited. Finally, my friend Benjamin Trigano, owner of M+B Gallery, presented the first US solo exhibition of color photographs by French photographer Erwan Frotin. The exhibition called STRANGERS “captures the flowers of Hyères, the dramatic and highly specialized world of plants in the region around the Villa Noailles”.


Friday, June 5, 2009

Français des Etats-Unis, votez !


Ce message s'adresse à vous, Français qui habitez aux Etats-Unis, et en particulier dans les Etats de l'Ouest. Vous qui voulez garder le lien avec votre pays. Vous qui regrettez si souvent, lorsque nous nous rencontrons, de ne pouvoir vous impliquer dans les débats politiques nationaux et sur les sujets qui vous intéressent directement, comme la protection sociale ou les frais de scolarité.

Ce n'est pas parce que vous vivez à des milliers de kilomètres de la France que vous n'avez pas droit à la parole ! Vous aussi pouvez faire entendre votre voix. Alors dimanche 7 juin, venez élire vos représentants à l'Assemblée des Français de l'étranger !

L'Assemblée des Français de l'étranger représente les quelques deux millions de Français établis hors de France. Elle vous permet de participer à la vie nationale malgré votre éloignement. Aux Etats-Unis, 4 Conseillers seront élus dans les circonscriptions consulaires de Los Angeles et San Francisco dimanche. L'élection de dimanche sera donc un moment important de notre vie démocratique. Un bureau de vote sera ouvert au Consulat général de France à Los Angeles de 8h à 18h. Je vous rappelle l'adresse : 10390 Santa Monica Boulevard, Suite 410 (4ème étage), Los Angeles, Ca 90025.

Nous vous attendons donc dimanche !


Monday, June 1, 2009

Pourquoi et comment faire revenir les productions américaines en France ?


Un tournage en France, c’est autant de travail pour les techniciens français, cadreurs, chefs opérateurs, régisseurs, chefs de plateau, etc… C’est autant d’activité pour les hôteliers et les restaurateurs français. Ce sont autant d’occasions pour les acteurs français de se faire connaître du public mondial. Ce sont autant d’espaces publicitaires à forte exposition pour les régions françaises, autant de paysages français qui feront le tour du monde et attireront les touristes de partout. Ce sont autant de recettes nouvelles générées pour l’Etat français.

Conscients de cet enjeu, les parlementaires ont voté dans le projet de loi de finances, fin décembre 2008, un crédit d’impôt international pour les tournages étrangers en France. C’est cette disposition que nous avons pris l’initiative d’aller présenter aux producteurs d’Hollywood, avec Laurent Morlet, le chef du bureau du film au consulat général, et Franck Priot, directeur-adjoint de la Commission du Film France, organisme chargé de faire la promotion de la France comme lieu de tournage. Nous avons rencontré ensemble toutes les « majors », les 6 héritières de l’histoire d’Hollywood, qui se partagent l’essentiel du marché de la production cinématographique américaine. Chacune réalise entre 1 et 1.7 milliard de dollars de revenus en 2008. Chacune est un mythe pour tous ceux qui aiment le cinéma. La Paramount, créée en 1913 par Adolph Zukor, le premier des « mogols » d’Hollywood, et Universal, créée par Carl Loewe, les deux plus anciennes, mais aussi la Metro-Goldwyn-Mayer, créée par William Goldwyn et le génial Louis Mayer, Sony Pictures, héritière des Studios Columbia, la 20th Century Fox, Warner Bros, la plus prospère cette année et, last but not least, Walt Disney Pictures. Nous sommes bien sûr allés rencontrer des sociétés de production indépendantes, comme Lionsgate, qui produit en ce moment même Five killers, tourné grâce au crédit d’impôt dans le sud de la France ou Groundswell, qui vient de produire Milk (oscars du meilleur acteur pour Sean Penn et du meilleur scenario).

J’en retiens quelques impressions fortes : d’abord, il y a toujours eu un appétit de la part des producteurs hollywoodiens pour tourner en France. Ils y trouvent une incroyable diversité dans les paysages et dans les décors, et ce dans de courtes distances, ce qui est crucial pour les tournages : pour trouver des ponts-levis ou des villes fortifiées, il vaut mieux aller en France qu’ailleurs. Pour autant, la France n’était plus compétitive par rapport à d’autres pays, comme l’Allemagne, le Royaume-Uni, la Roumanie ou la République tchèque, qui ont mis en place très tôt des dispositifs d’incitation fiscale pour les productions étrangères. Il faut savoir que les producteurs cherchent par tous les moyens à réduire tous les coûts de tournage. Bien des films censés représenter des paysages français étaient en réalité tournés en Roumanie par souci d’économie. Le même phénomène est apparu aux Etats-Unis : des Etats comme la Louisiane ou le Michigan ont également mis en place des incitations fiscales pour les tournages de film. Clint Eastwood a par exemple tourné Gran Torino, production de la Warner Bros, à Detroit, dans des hangars désormais inoccupés de General Motors.

Ce crédit d’impôt nous remet donc dans les conditions d’une concurrence équitable avec nos voisins. Du coup, les qualités propres de la France peuvent prendre le dessus sur nos concurrents : les équipes techniques françaises sont particulièrement réputées, les producteurs trouvent désormais des studios de haut niveau pour tourner les scènes qui le nécessitent, et pas seulement à Paris (cf les studios de la Belle de mai à Marseille ou de la Victorine à Nice) et la qualité de vie et la sécurité générale font l’unanimité. Et enfin, ce que bien des responsables des studios nous ont dit, c’est que s’il faut convaincre une star d’Hollywood de partir tourner à l’étranger, il est beaucoup plus facile de leur « vendre » Paris ou le Sud que d’autres destinations…

Mais ce qui aide le plus l’industrie du cinéma français en ce moment à Hollywood, c’est le remarquable succès, un an après sa sortie en France, de Taken, le thriller de Pierre Morel, co-écrit par Luc Besson, avec Liam Neeson. Ce film a impressionné les studios tant l’histoire est forte et tant il est bien fait. Nombreux sont ceux qui nous ont dit qu’il y avait là peut-être un nouveau marché possible : après les co-productions américaines conçues d’abord pour des marchés européens, comme la Warner en fait souvent (Coco avant Chanel, par exemple), est peut-être venu le temps des films français, tournés en anglais, ayant vocation à être exporté.

Car oui, bien sûr, n'en déplaise à ceux qui pensent que l'accès à la création artistique devrait être gratuit, le cinéma est aussi une industrie, aux Etats Unis comme en France ou en Inde. Ne serait-ce que parce que de nombreux travailleurs en vivent : les techniciens intermittents du spectacle, qui font leur métier avec passion et talent, et qui ne comptent pas leurs heures et leur énergie lorsqu'il s'agit de terminer un tournage dans les délais imposés par les contraintes budgétaires. Les artistes, qui peuvent continuer à créer parce qu'ils peuvent vivre de leur art. Les producteurs, qui prennent des risques financiers parfois très lourds pour donner leur chance à des artistes et à des projets. Les exploitants de salles, qui fournissent les conditions d'un vrai spectacle et d'une vraie expérience artistique.

Prochain objectif donc : que Woody Allen, qui adore Paris, tourne son prochain film non plus à Londres ou à Barcelone, mais en France.

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Why and how to bring American productions back to France?

A shoot in France means work for French technicians, camera assistants, sound operators, line producers and so on. It means work for hotel managers and French restaurant owners. It is the opportunity for French actors to be exposed to an international audience. It means much publicized advertisements showcasing French regions, French landscapes that will go around the world and attract tourists from all over. It means a new income for the French government.

Aware of what is at stake, members of the French Parliament enacted last December 2008 a law creating a new credit for foreign productions shot in France. Laurent Morlet, the Executive Director of the Film Department at the French Consulate, Franck Priot, Deputy Director of the Film France Commission in charge of promoting France as a film location and I presented this tax rebate incentive to several Hollywood producers. Together we met with all the majors, the 6 heirs to Hollywood’s history, which share the most part of America’s film production. Each of them grossed between 1 and 1.7 billion dollars in revenue in 2008. Each one of them is a symbol for all film lovers. The two oldest ones, Paramount, created in 1913 by Adolph Zukor, Hollywood’s first “mogul”, and Universal Studios, created by Carl Loewe, but also Metro-Goldwyn-Mayer, created by William Goldwyn and the genius Louis Meyer, Sony Pictures, heir to Columbia Studios, 20th Century Fox, Warner Bros., the most prosperous studio this year and last but not least, Walt Disney Pictures. We also met with several independent production companies such as Lionsgate, which is currently producing "Five Killers" shot thanks to a tax rebate, in the South of France, or Groundswell which just produced "Milk" (Academy Award winner for Best Actor for Sean Penn and Best Screenplay).

What I gathered from this is the following: first of all there is a great interest for Hollywood producers to shoot in France. They find an incredible diversity in its landscapes and locations, while the distances are relatively short which can prove to be crucial on a shoot: to find drawbridges or fortified cities, it is better to go to France than anywhere else. Nonetheless, France wasn’t competitive anymore compared to other countries such as Germany, Great Britain, Romania or the Czech Republic, which were very quick to establish tax rebate programs to attract foreign productions. We know that what producers are mostly looking for is to keep their costs down. Several movies which were supposed to portray French landscapes were actually shot in Romania for budget reasons. The same phenomenon happened in the United States: states such as Louisiana or Michigan also instilled tax rebates. For instance, Clint Eastwood shot "Gran Torino", produced by Warner Bros. in empty warehouses belonging to General Motors in Detroit.

This tax rebate program allows us to be competitive again against our neighbors. This way, France’s own assets can take advantage on our competitors: French crews are especially renowned, producers are able to find high level studios to shoot scenes that require them, and not exclusively in Paris (such as the studios de la Belle de mai in Marseilles or studios de la Victorine in Nice), plus the quality of life and overall security are well established. Finally, several studio executives have told us that it is much easier to convince a Hollywood celebrity to go shoot in Paris or in the South of France than anywhere else…

What has helped the French film industry in Hollywood recently is the remarkable success, a year after its opening in France, of Pierre Morel’s thriller "Taken"" co-written by Luc Besson and starring Liam Neeson. This movie impressed the studios for its quality and strong story line. Several have told us that this could be the beginning of a new market: after American co-productions aimed at the European markets, as often done by Warner ("Coco avant Chanel", for instance) maybe the time has come for French films to be shot in English in order to be exported.

Because, of course, even if some don’t agree and think that artistic creation should be free, cinema is an industry in the United States, France or India. Because several workers make a living out of it: freelance technicians, who do their job with great passion and talent, and who don’t count their time and energy to wrap up a shoot to respect the deadlines imposed by the production budget. Artists who can keep on creating because they can live out of their work. Producers who sometimes take huge financial risks to give a chance to their artists and their projects. Movie theatre owners who provide the facilities for a real show and a real artistic experience.

Our next goal: to have Woody Allen, who loves Paris, shoot his next film not in London or Barcelona, but in France.