Monday, May 18, 2009

Hollywood soutient la lutte à la française contre le piratage (suite)


Depuis mon dernier post (merci pour vos réactions et commentaires), la loi Création et Internet a été adoptée par l'Assemblée Nationale. Suite
à cette annonce, j'ai pu une nouvelle fois constater l'intérêt des professionnels du cinéma.
Ainsi, la célèbre Director's Guild of America qui regroupe tous les réalisateurs d'Hollywood affiche, dans un communiqué de presse publié sur son site internet, son soutien à la nouvelle loi.


Friday, May 8, 2009

Hollywood soutient la lutte à la française contre le piratage


Jeudi 23 avril, en marge du festival COLCOA, le festival du cinéma français de Los Angeles, nous avons tenu, en présence de Costa Gavras, et avec les principaux organes représentatifs de l'industrie du cinéma français (Sacem, SACD, ARP,...) et américains (Directors Guild of America, Motion Pictures Association, Writers Guild of America...) et les majors (Sony Pictures Entertainment, NBC Universal, Warner Bros, Paramount, ...), un séminaire sur le piratage audiovisuel. Costa Gavras a rappelé la nécessité d'une mobilisation massive des artistes et des professionnels du cinéma contre la piraterie, en soulignant qu'il ne s'agissait pas seulement d'une défense des droits des auteurs mais aussi d'une nécessité économique pour la production et la diffusion des films. Costa a d'ailleurs eu le courage de proposer que des artistes de toutes nationalités prononcent une déclaration commune en ce sens lors du prochain festival de Cannes.

Ce que j'ai entendu de la bouche des participants américains, notamment de Jay Roth, le directeur général de la Directors Guild of America (DGA), c'est un soutien unanime et solennel au projet de loi "internet et création". Jay Roth a incité les deux communautés professionnelles française et américaine à s'unir pour délivrer un message commun qui puisse être compris par les publics français et américain et, au-delà, du monde entier.

Ce soutien des professionnels américains ne m'a pas étonné. Deux semaines avant, j'avais assisté à une audition ("hearing") de la commission des affaires étrangères de la chambre des représentants organisé à Los Angeles sur ce sujet. Steven Soderbergh, l'immense réalisateur, qui était entendu en tant que vice-président de la DGA, en même temps que les patrons d'Universal Music et de Walt Disney Pictures, avait alors cité l'initiative française comme un modèle à suivre pour l'Amérique.

Ce projet de loi bénéficie depuis ses premières heures d'un grand intérêt ici, au coeur même de l'industrie cinématographique américaine. Tous nos partenaires attendent de la France des "premiers pas" officiels qui ouvriront la voie à des solutions graduées et efficaces ailleurs dans le monde pour enrayer ce qui est enfin considéré pour ce qu'il est : un fléau destructeur pour les artistes mais aussi pour tous les métiers du cinéma et de la musique.

Les enjeux sont de taille, et la responsabilité de la France, dont l'industrie cinématographique est la troisième au monde (plus de 220 films produits en 2008) d'autant plus importante. Le soutien officiel de la DGA dans un récent communiqué en faveur de la loi "création et internet" est bien la preuve que les choses avancent, et qu'il y a désormais des solutions anti-piratage qui séduisent le plus grand nombre, et notamment la première industrie cinématographique au monde. Le président Obama lui-même a tenu des propos qui montraient son intérêt pour cette problématique.

La suite dans quelques jours, avec le nouvel examen de la loi par le Parlement français...


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Hollywood supports the French fight against anti-piracy

On April 23, during COLCOA film festival, the French film festival in Los Angeles, we, along with French filmmaker Costa Gavras, the main representatives of the French film industry (Sacem, SACD, ARP,...), the major american unions (Directors Guild of America, Motion Pictures Association, Writers Guild of America...) and the most prominent studios (Sony Pictures Entertainment, NBC Universal, Warner Bros, Paramount, ...) took part in an anti-piracy seminar.

Costa Gavras reminded us of the necessity of all artists and members of the film community to take a stand against piracy, highlighting that it is not only a matter of defending copyrights but also an economical necessity for productions to live and films to be screened. Costa had the courage to suggest that all artists, no matter their nationality, elaborate a common declaration to be read during this year’s Cannes Film Festival.

What I gathered from our American counterparts, among them Jay Roth, Executive Director of the Directors Guild of America (DGA), is an undisputed support to the bill “internet and creation”. Jay Roth invited the French and American film industries to unite in order to deliver a common message that would be understood by both French and American audiences, as well as international ones.

This support coming from American film executives did not surprise me. Two weeks ago, I attended a hearing at the House of the Foreign Affairs Committee in Los Angeles regarding that matter. Steven Soderbergh, the well-known director, was being heard as Vice-President of the DGA (along with executives from Universal Music and Walt Disney Pictures) called the French initiative an example to be followed.

From the beginning this bill has generated a lot of interest here, the heart of the American film industry. Our partners are waiting for France to take the official “first steps” which will then open the door to efficient and gradual solutions somewhere else in the world in order to eradicate what is considered to be a destructive curse for artists but also for all the professions around the film and music industries.

The stakes are high, and France’s responsibility is especially significant as its film industry is the world’s third largest (over 220 films produced in 2008). The official support of the DGA in a recent release approving the “creation and internet” bill is the proof that things are moving forward, and that there are anti-piracy solutions that suit most and especially the world’s first film industry. President Obama has expressed his interest in the issue.

To be continued… with a new review of the bill by the French parliament…


Thursday, May 7, 2009

Pourquoi un blog du Consul général de France à Los Angeles ?


Parce que c’est mon devoir de faire connaître la France aux Californiens et aux Américains du Sud Ouest. Je m’y emploie chaque jour avec passion. C’est aussi mon devoir de faire connaître aux Français cette partie de l’Amérique, ce Wild West qui a nourri notre imaginaire et que constituent le Colorado, le Nouveau Mexique, le Nevada, l'Arizona et la Californie. A ceux qui aiment l’Amérique, et je pense notamment aux 50 à 60 000 Français qui vivent dans cette immense région, mais peut-être plus encore à ceux qui ne l’aiment pas.

Los Angeles, c’est 4 millions d’habitants. Le comté de Los Angeles, c’est 10 millions d’habitants. Le « Grand Los Angeles », c’est-à-dire les 5 comtés qui l’entourent, c’est 18 millions d’habitants. La moitié de la Californie.

Antonio Villaraigosa, son maire brillamment réélu le mois dernier, me disait récemment que l’on trouve à LA 37 communautés étrangères qui sont les plus importantes du monde en dehors des pays d’origine : à part en Arménie, c’est à LA que l’on trouve le plus d’Arméniens. A part en Israël, c’est à LA que l’on trouve le plus d’Israéliens. Idem pour les Iraniens, les Coréens,... Quant à nous, les Français, nous sommes entre 30 et 50 000 en Californie du Sud, installés entre Los Angeles et San Diego.

Los Angeles est la plus grande ville de Californie, l’Etat le plus peuplé et, même s’il est le plus endetté, le plus riche des Etats Unis. La Californie, c’est le nouveau monde qui regarde le « nouveau » nouveau monde, l’Asie pacifique. La moitié du commerce américain passe par les ports jumeaux de LA et Long Beach.

C’est ici, en Californie, que sont nées quatre des dernières révolutions politiques, techniques et sociétales qu’a connues le monde : la contestation de 1968, qui est partie du campus de Berkeley. La révolution conservatrice américaine, partie des éditoriaux radiophoniques d’un ancien acteur d’Hollywood, Ronald Reagan, qui allait devenir gouverneur de la Californie puis président des Etats-Unis. La révolution écologique qui, même s’il y a beaucoup à faire ici en matière de protection de l’environnement, a contribué à changer notre manière de voir le monde. La révolution technologique qu’a été la création de l’internet enfin, qui ne cesse de changer notre vie et d’irriguer l’économie mondiale.


Plus largement, les Etats du Sud-Ouest des Etats-Unis, le Nevada, le Colorado, le Nouveau Mexique et l’Arizona, ont des économies aussi dynamiques que leurs paysages sont majestueux. Les Français y sont venus s’y installer en nombre, pour tenter l’aventure du Far West moderne, là où l’horizon est si lointain. J’en ai rencontré beaucoup, partout où je suis allé : à Phoenix, la plus grande ville de l’Arizona et la sixième des Etats Unis, sorte de miracle de l’économie libérale en plein désert ; à Tucson, l’autre grande et belle ville de cet Etat magnifique, encore imprégné de la culture des Indiens ; Denver, capitale économique et administrative du Colorado, où je me suis rendu pour assister à la convention démocrate historique d’août 2008, qui a investi Barack Obama pour l’élection présidentielle ; à Boulder et sa remarquable université, etc… La vie de ces Français du Far West, loin de leur famille, de leurs racines et de leur culture n’est pas toujours simple. Transmettre à leurs enfants le patrimoine historique et culturel français est difficile. Et puis eux aussi sont affectés par la crise. Pourtant, où que je sois allé, j’en ai rencontré peu qui se plaignaient de leur sort : leur optimisme est en général à l’égal de leur ardeur au travail.

Alors, régulièrement, je vous donnerai mon point de vue sur ce que nous, les Français des Etats Unis, vivons ici, sur ce que nous y apprenons, sur ces idées nouvelles que l’on brasse ici, et sur ce que nous faisons ici pour promouvoir la France. Et si vous le voulez bien, j’aimerais avoir vos réactions sur tout cela : vos impressions sur votre vie dans le Grand Ouest si vous vivez de ce côté-ci de l’Atlantique, vos idées tout simplement, m’intéressent. Je vous propose d’engager la discussion et de partager nos analyses.
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My mandate is to help Californians and South western Americans know France better. I passionately accomplish this task on a daily basis. It is also my mandate to help French people understand the West Coast, to the ones who love America (and I think about the 50 or 60 000 French people living in the Southwest) but also and maybe more so the ones who don’t, discover this part of the country.

The city of Los Angeles comprises 4 million inhabitants. Los Angeles County, 10 million inhabitants. The “Greater Los Angeles”, with its 5 surrounding counties represents 18 million inhabitants. Half of the state of California.


Antonio Villaraigosa, Los Angeles’ newly re-elected Mayor, was telling me recently that Los Angeles accounts for 37 of the largest foreign communities worldwide outside their country of origin : Los Angeles is home to the largest Armenian community outside Armenia itself and it has the largest Israeli population outside of Israel. The same for the Iranians, the Koreans, and several others. As far as we are concerned, us French people, we are between 30,000 and 50,000 in Southern California, residing between Los Angeles and San Diego.

Los Angeles is California’s largest city, California is the most populated state and, even though it carries the largest state debt burden in the nation, it is also the richest state of the United States. California is a new world looking at “new” new world, Pacific Asia. The twin ports of Los Angeles and Long Beach together handle nearly half of America's international trade.

Four of the latest political, technical and societal revolutions known to the world were born in California: the uprising of 1968 began on the campus of UC Berkeley; the American conservative movement started with the radio editorials of former Hollywood actor Ronald Reagan, who went on to becoming Governor of California and then President of the United States. The green revolution, even though there is still much to do in the sphere of nature conservancy, contributed to changing our vision of the world. The technology revolution incited by the Internet continues to change our way of life and feed the world economy.

On a larger scale, the United States’ South-western states such as Nevada, Colorado, New Mexico and Arizona have all economies as dynamic as their landscapes are majestic. The French settled there to get a taste of the adventure of a modern Far West, a place where the horizon extends far away. I have met of lot of them everywhere I went: Phoenix, Arizona’s largest city and the nation’s sixth, a sort of capitalistic miracle in the middle of the desert; Tucson, Arizona’s other large and beautiful city, fully impregnated with Native American culture; Denver, Colorado’s economic and administrative capital, where I attended the historical Democratic convention that inaugurated then President-elect Barack Obama in August 2008; Boulder and its remarkable university, etc. The life of those French people from the Far West, far away from their family, their roots and their culture is not always simple. Passing their historical and cultural heritage on to their children is complex. They have also been victims of the economical crisis. Nonetheless, wherever I went, only a few of them complained about their situation: their optimism generally equals their hard work.

I will give you my point of view on what us, the French people of the United States, live and learn here, what new ideas go on and what we do to promote France locally. And if you allow me, I would like to know how you react to all of this: your feelings on your life in the greater western states if you live on this side of the Atlantic and your ideas simply interest me. I would like to invite you to start a discussion and share our observations together.